Espérances

Souffrances

Miroirs brisés

Fragments d’images épars, dispersés, disséminés

Rêves trop lourds à porter

La Terre enceinte a enfin enfanté

Et ses progénitures à la mer jeté

Espoirs déçus, évanouis en fumée

Etoiles dans le ciel éteintes à jamais

Portes hermétiquement cadenassées

L’homme nouveau est né

L’homme MONSTRE

Jalila Baccar

 

Un terrible constat : la révolution tunisienne, par beaucoup d’aspects, au lieu de porter l’espoir, a engendré peurs inédites, angoisses, dépressions, gestes de désespoir, violences multiples  au quotidien débouchant sur des crimes atroces.

Pourquoi par milliers des jeunes tunisiens se sont-ils jetés dans la mer pour gagner  « le monde libre » ?

Pourquoi tant de suicidés, tant d’immolés par le feu ou morts par pendaison dès les premiers jours de la révolution et leur nombre ne cesse-t-il d’augmenter d’une manière effrayante tous les jours ?

Pourquoi tant de vols, de braquages, de saccages, de viols, de meurtres, d’homicides en progression exponentielle ?

S’anéantir ou anéantir l’autre, telle est la question.

Mais au-delà de l’explication culturelle, sociale, économique, politique, psychiatrique…,
n’y a-t-il pas un grand mystère, un trou noir insondable lié au « passage à l’acte » ?

D’où vient le passage à l’acte ? De quelles profondeurs obscures des grands mythes anciens et des conduites archaïques nous parvient-il ? Les Caïn(s) et Abel(s) d’aujourd’hui en sont-ils l’incarnation obsédante depuis l’aube des temps ?

« L’homme s’empêche » s’écriait Albert Camus. Mais de quoi ?

De laisser surgir la bête immonde tapie en lui peut-être ? Alors l’homme bon, cultivé, instruit, intelligent, tolérant, respectueux de l’autre, de la vie… est où ?

Quels sombres instincts primitifs nous envahissent-ils soudain pour un « oui » ou pour un « non », pour un rien, une futilité, une contrariété ou de terribles accumulations refoulées ? Et nous voilà, lui, elle, vous, moi… nous voilà basculant soudain de l’autre côté, devenus en un instant fulgurant criminels et même récidivistes, avec ou sans remords ! Cela s’appelle le destin, dirait l’autre.

« Le passage à l’acte », non forcément prémédité, quels mystères l’enveloppent-ils ?

Comment le montrer, le raconter, hors les sentiers battus et les terrains minés des jugements
tout faits et des idées préconçues ?

Voyage au bout de l’âme humaine. Après Homère, Eschyle, Sophocle, Euripide, Shakespeare, Dante, Büchner, Brecht, Genet, Bond, Pasolini et tant d’autres… quoi de « nouveau », d’irréel, de surréel, de tragi-comique dans notre terrible quotidien ?

Fiche artistique

Représentations

Représentations passées